Nous vous prévienons tout de suite : quand vous attaquez les premiers lacets après Vesonne et que vous réalisez que le compteur affiche 14%, vous allez peut-être regretter d’avoir quitté la piste cyclable du lac. Peut-être. Car même avec l’assistance électrique, vous allez sentir passer cette ascension mythique qui culmine à 1 147 mètres d’altitude. Le Col de la Forclaz a accueilli le Tour de France à cinq reprises et figure parmi les montées emblématiques des Alpes du Nord. Mais voici la bonne nouvelle : avec un VAE, cette expérience devient accessible tout en restant sportive, et la récompense là-haut vaut chaque goutte de sueur. Vous doutez encore ? Attendez de découvrir le panorama sur le lac d’Annecy depuis le belvédère.
Pourquoi le Col de la Forclaz est LE col à faire en vélo électrique depuis Annecy
Ce col mérite sa réputation pour plusieurs raisons qui dépassent largement le simple défi sportif. Oui, l’altitude impressionne avec ses 1 147 mètres, et oui, les pentes peuvent atteindre 13 à 14% sur certains passages. Mais ce qui rend cette montée exceptionnelle, c’est ce cocktail unique : une vue à couper le souffle sur le lac d’Annecy qui se dévoile progressivement, l’observation des parapentistes qui virevoltent au-dessus de vous, et cette ambiance de col alpin authentique sans avoir à parcourir des centaines de kilomètres.
L’assistance électrique transforme ici un parcours réservé aux grimpeurs confirmés en une aventure accessible. Vous gardez le plaisir de l’effort, la satisfaction de la montée, mais sans cette sensation d’agonie que connaissent bien ceux qui l’ont gravi sur un vélo traditionnel. Au sommet, depuis le belvédère situé quelques mètres après le col lui-même, la vue panoramique à 360 degrés embrasse tout le bassin annécien. Nous avons rarement vu un rapport effort-récompense aussi généreux. Et pendant que vous reprenez votre souffle, vous verrez défiler cyclistes aguerris, parapentistes chargés de leur voile et motards venus chercher leurs virages.
Les deux versants du col : quel itinéraire choisir pour votre VAE
Contrairement à certains cols qui n’offrent qu’une seule option, la Forclaz propose deux visages radicalement différents. Votre choix dépendra autant de votre condition physique que de votre tempérament.
| Caractéristique | Versant Sud (Vesonne) | Versant Est (Talloires/Menthon) |
|---|---|---|
| Point de départ | Vesonne (495m) | Menthon-Saint-Bernard (660m) |
| Distance | 8,2 km | 6,2 km |
| Dénivelé | 655 m | 621 m |
| Pente moyenne | 8% | 7,9% |
| Passages difficiles | 13-14% dès le départ | Plus de 10% régulièrement, 12,6% avant le sommet |
| Difficulté | Technique, brutal au début | Régulier, progressif |
| Points forts | Replat à Montmin, ambiance montagnarde | Plus court, vue dégagée sur le lac |
Notre avis est tranché : si vous découvrez le col en VAE et que vous n’avez pas l’habitude des montées alpines, privilégiez le versant sud depuis Vesonne. Paradoxalement, bien que plus long, il offre ce précieux replat au village de Montmin qui permet de récupérer. Le versant est, malgré sa brièveté, ne lâche jamais la pression et réserve son passage le plus violent juste avant le sommet, quand les jambes commencent à fatiguer. Mais si vous cherchez l’efficacité pure et que votre batterie a des limites, le versant est reste le choix logique.
L’itinéraire complet depuis Annecy : le tour du lac par la Forclaz
Le parcours que nous recommandons combine intelligemment mise en jambes, montée et récupération active. Cette boucle de 49 à 51 kilomètres selon vos variantes, avec un dénivelé positif compris entre 760 et 876 mètres, constitue la sortie idéale pour découvrir le col sans se mettre dans le rouge dès le départ.
Vous démarrez d’Annecy en prenant la piste cyclable qui longe la rive ouest du lac, direction Sevrier puis Saint-Jorioz. Ces vingt premiers kilomètres sur voie dédiée servent de mise en jambes progressive. Vous roulez tranquillement en mode éco, vous profitez du paysage lacustre, vous préparez mentalement l’effort qui vient. Au niveau de Doussard, continuez vers Vesonne en restant sur la voie verte jusqu’au rond-point où la signalétique indique le Col de la Forclaz. Vous quittez alors le confort de la piste pour rejoindre la RD42.
C’est là que tout commence vraiment. Les premiers mètres à 14% vous rappellent brutalement que vous allez monter. Passez en mode Tour ou Turbo selon votre ressenti, trouvez votre rythme, et surtout ne vous emballez pas. La montée va durer entre 35 et 50 minutes selon votre allure. Après Montmin et son replat salvateur, vous replongez dans la forêt pour les trois derniers kilomètres qui oscillent entre 8 et 11%. Au sommet, redescendez vers Talloires par le versant est. Attention ici : route étroite, virages serrés, croisement avec des voitures. Gardez vos mains sur les freins. Une fois à Talloires, vous retrouvez la piste cyclable de la rive est qui vous ramène tranquillement à Annecy. Comptez 4 heures au total avec les pauses photo et ravitaillement. Et une astuce que beaucoup négligent : coupez l’assistance en descente pour économiser de précieux pourcentages de batterie.
Préparer son vélo électrique : batterie et réglages pour la montée
Parlons maintenant technique, car partir avec une batterie à moitié pleine serait la meilleure façon de transformer votre sortie en calvaire. L’autonomie annoncée par les fabricants fond comme neige au soleil dès que vous attaquez une vraie montée alpine.
Avant de partir, vérifiez ces points essentiels :
- Batterie chargée à 100% : pour 650 mètres de dénivelé positif en montée, prévoyez d’utiliser entre 15 et 20% de votre capacité totale en mode Tour, davantage en mode Turbo
- Pression des pneus adaptée : ni trop durs pour garder de l’adhérence dans les virages de la descente, ni trop mous pour éviter la surconsommation en montée
- Testez vos modes d’assistance avant : sur les premiers kilomètres plats, alternez entre Eco, Tour et Turbo pour sentir la différence et anticiper votre gestion de l’effort
- Ne gardez pas le Turbo en permanence : réservez-le pour les passages vraiment raides à 12-14%, sinon vous viderez votre batterie inutilement
- Coupez l’assistance dans les descentes : vous ne perdrez rien en vitesse et gagnerez plusieurs kilomètres d’autonomie
Nous insistons sur ce point car nous avons croisé trop de cyclistes paniqués à mi-parcours en voyant leur jauge d’autonomie chuter dramatiquement. Les montées en montagne consomment deux à trois fois plus qu’annoncé sur terrain plat. Si votre VAE affiche une autonomie théorique de 80 kilomètres en usage mixte, considérez plutôt 50 à 60 kilomètres réels sur ce type de parcours. Mieux vaut partir avec de la marge que finir les derniers kilomètres en mode éco minimum.
Les passages clés et les erreurs à éviter sur la montée
Chaque col possède son caractère propre, ses sections qui marquent les esprits. Sur la Forclaz versant sud, vous allez rapidement identifier les moments où il faut serrer les dents, même avec l’assistance électrique.
Le premier choc arrive dans les 50 premiers mètres après avoir quitté Vesonne. Vous passez brutalement de 0 à 14% sur une ligne droite exposée au soleil. C’est la mise au point immédiate : soit vous avez correctement dosé votre mode d’assistance, soit vous allez souffrir. Ensuite, la pente reste soutenue avec des passages entre 9 et 11% jusqu’à la traversée de Montmin. Ce village offre un replat bienvenu d’environ 500 mètres où vous pouvez récupérer, boire quelques gorgées, vérifier votre autonomie restante.
Après Rovagny commence la dernière section en forêt sur trois kilomètres. Les pourcentages oscillent entre 8 et 11%, mais la fraîcheur de l’ombre compense largement. Le faux-plat final avant le panneau du col trompe souvent : vous croyez avoir terminé, mais il reste encore 300 mètres à négocier. Les erreurs classiques ? Partir en mode Turbo dès le début par excitation ou par peur de ne pas y arriver. Résultat : batterie vide aux trois quarts du parcours et jambes qui brûlent inutilement. Autre piège : négliger l’hydratation sous prétexte que l’assistance fait le travail. Faux. Vous transpirez quand même, vous vous déshydratez quand même.
Concernant le trafic, évitez si possible les matinées de juillet-août où parapentistes, camping-cars et cyclistes du dimanche se partagent une route déjà étroite. Le printemps et l’automne offrent des conditions bien plus sereines. Et un dernier conseil basé sur l’expérience : dans les virages en épingle, restez vigilants aux voitures qui descendent, elles coupent souvent la trajectoire.
Quand partir et que prévoir pour cette sortie
La question du timing n’est pas anodine quand on parle d’un col qui peut être balayé par le vent ou noyé dans la brume en plein mois de juin. Nous privilégions le printemps, de mi-avril à fin juin, et l’automne, de septembre à mi-octobre. Ces périodes combinent routes dégagées, températures clémentes et luminosité idéale pour les photos au sommet.
L’été reste praticable mais présente ses contraintes. Les matinées de juillet-août voient converger au col tous les amateurs de sensations : les parapentistes qui montent avec leur matériel, les touristes en voiture, les groupes de cyclistes. La circulation devient dense, les croisements délicats. Si vous n’avez pas le choix, partez avant 8h ou après 17h. Concernant la météo, gardez en tête que vous montez à près de 1 150 mètres d’altitude. Il peut faire 25°C au bord du lac et 15°C au col avec du vent. Prévoyez systématiquement une veste coupe-vent dans votre sac, surtout pour la descente où vous ne pédalerez plus et où le froid peut vite devenir désagréable.
Votre sac doit contenir le strict nécessaire : deux bidons d’eau ou une gourde de 1,5 litre, quelques barres énergétiques ou fruits secs, un kit de réparation basique, votre téléphone chargé. Comptez minimum 4 heures pour la boucle complète avec pauses, davantage si vous profitez des terrasses au sommet. Car oui, plusieurs restaurants vous attendent là-haut, et franchement, déguster une tartiflette face au lac d’Annecy après l’effort, ça n’a pas de prix.
Ce qui vous attend au sommet et la descente vers Talloires
L’arrivée au col ne se résume pas au panneau marquant l’altitude. Prenez le temps de descendre à pied quelques dizaines de mètres vers le belvédère aménagé. La perspective change radicalement et vous embrassez tout le lac d’Annecy dans sa longueur, avec en arrière-plan les Bauges d’un côté, les Aravis de l’autre. Les jours de beau temps, vous assistez au ballet incessant des parapentes qui décollent, prennent leur ascendance thermique et glissent vers la vallée. Le spectacle vaut à lui seul la montée.
Mais restons lucides : la descente vers Talloires nécessite une concentration totale. La route est étroite, sinueuse, avec des virages en épingle où la visibilité reste limitée. Vous allez croiser des voitures qui remontent, parfois au milieu de la chaussée. Gardez vos mains sur les freins, alternez freinage avant et arrière pour éviter la surchauffe, et surtout ne vous laissez pas griser par la vitesse. Cette descente technique réclame de l’anticipation.
Quand vous arrivez enfin à Talloires, le village vous accueille avec ses terrasses au bord du lac, ses restaurants, son atmosphère de carte postale savoyarde. C’est le moment parfait pour souffler vraiment, commander une boisson fraîche, et savourer ce que vous venez d’accomplir. Car monter au Col de la Forclaz en vélo électrique, c’est certes plus accessible qu’en vélo traditionnel, mais ça reste une vraie performance. Vous avez grimpé plus de 650 mètres de dénivelé, affronté des pentes à deux chiffres, géré votre autonomie et votre effort. L’assistance ne fait pas tout le travail, elle vous permet juste de vivre cette expérience sans y laisser vos genoux. Et honnêtement, chaque coup de pédale en valait la peine.
